L’idée centrale de cette section est la présence de la sagesse aux côtés de Dieu lors de la création: « Lorsqu’il a disposé le ciel, j’étais là» (v.27). L’Éternel a demandé à Job: «Où étais-tu quand je fondais la terre?» (Job 38.4). La sagesse dit qu’elle était déjà là, mais elle affirme plus encore. Voici là déclaration la plus formidable qui soit, une affirmation qui fait référence au temps de la création, lorsque l’Éternel a fixé les limites de la mer et tracé les fondations de la terre:
J’étais à l’œuvre à ses côtés.
Je faisais tous les jours son plaisir,
jouant constamment devant lui,
jouant dans le monde, sur sa terre,
et trouvant mon plaisir parmi les hommes.
Proverbes 8.30-31
Ces mots font écho à des vérités qui seront révélées bien plus tard dans l’histoire de la rédemption:
Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
Jean 1.1-3

Ce que Jean écrit au sujet de la Parole, la sagesse des Proverbes l’affirme à propos d’elle-même. Entant que maître d’œuvre aux côtés de Dieu, la sagesse se présente comme l’agent de la création de Dieu, celle par qui tout a été fait. La sagesse revendique pour elle-même le rôle que le Nouveau Testament attribue au Fils de Dieu: la Parole qui s’est faite hommes qui a habité parmi nous (Jean1.14). Paul dit que «tout a été créé par lui et pour lui» (Colossiens 1.16).Ces vérités qui se font écho devraient nous pousser à nous émerveiller devant le projet éternel de Dieu qui, petit à petit, se déploie sous nos yeux. Tout pointe finalement vers Jésus. Cependant, gardons bien à l’esprit le contexte particulier des Proverbes qui se situe à un moment précis du déroulement de ce grand projet. Cette figure de la sagesse n’est pas présentée comme une sorte d’apparition divine, mais bien comme une image (une personnification) qui oriente nos regards vers quelque chose de bien plus grand. À la lumière de toutes les Écritures, nous pouvons dire que cette image, même si elle n’est pas le Christ, oriente nos regards vers le Christ. Kidner dit à ce sujet: «La personnification de la sagesse, loin de dépasser la vérité littérale, était une préparation à sa pleine affirmation».

Dès que Dieu révèle pleinement sa parole dans le Christ, nous entendons les auteurs du Nouveau Testament célébrer sans réserve cette Parole en tant que «Jésus-Christ, lui qui est devenu, par la volonté de Dieu, notre sagesse» (1Corinthien 1.30), «en lui sont cachés tous les trésors de la sagesse de la connaissance» (Colossiens 2.3). Le livre des Proverbes annonce cette plénitude à venir, en l’illustrant réellement à travers ses paroles inspirées de Dieu.
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