Martin Luther était chez Pierre Beskendorf, son barbier, quand celui-ci lui demanda: « Martin, comment fais-tu pour prier? » De retour chez lui, Luther lui écrivit une lettre expliquant comment il faisait pour prier. Cette lettre à « Maître Pierre » est devenue un texte classique sur la prière.

Martin Luther encourage les chrétiens à utiliser les Écritures quand ils prient. Il développe tout particulièrement l’importance d’utiliser le « Notre Père » et les « 10 commandements. »

4 fonctions de l’Écriture à avoir à l’esprit

Voici les 4 catégories qu’il nous conseille d’utiliser pour chaque commandement:

Si j’en ai le temps et l’occasion, je passe ensuite aux Dix commandements. Je les récite dans l’ordre afin de maîtriser mes pensées vagabondes (autant que faire se peut). Ainsi libéré, et rempli de la parole de Dieu, je serai prêt à prier. Je fais de chaque commandement une tresse à quatre brins:

  • Un enseignement: ce qu’il est réellement. Je réfléchis à ce que le Seigneur me commande.
  • Un sujet de reconnaissance.
  • Une confession.
  • Une requête.

Avez-vous remarqué que ces 4 catégories sont en réalité 4 questions? On pourrait les formuler ainsi:

  • Enseignement: qu’est-ce que j’apprends par ce texte?
  • Reconnaissance: quels sont les sujets de remerciement dans ce texte?
  • Confession: à la lumière de ce passage, quels sont les péchés et les échecs que je peux confesser à Dieu?
  • Requête: que m’inspire ce passage à demander à mon Seigneur?

Les 4 questions en action: l’exemple de Luther

Martin Luther prend ensuite le premier commandement et montre à son barbier comment faire avec les 4 catégories qu’il numérote:

« Je suis l’Éternel, ton Dieu […]. Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi »

  1. J’apprends que Dieu exige de moi que mon cœur lui fasse entièrement confiance et qu’il désire par-dessus tout être mon Dieu. Que je dois donc le considérer comme tel. Que mon cœur ne doit s’appuyer ni compter sur rien d’autre (possessions, honneur, sagesse, force, sainteté ou n’importe quelle créature).
  2. Ensuite, je le loue pour son infinie miséricorde. Il est venu vers moi — un homme perdu — comme un père. Je ne l’ai ni invoqué, ni recherché, ni mérité, c’est lui qui a pris l’initiative d’être mon Dieu, de m’accepter et d’être mon consolateur, mon protecteur, mon soutien et ma force dans toutes mes détresses. Nous, misérables humains, nous avons cherché d’autres dieux! Nous les chercherions encore s’il ne s’était pas exprimé de façon aussi manifeste et s’il n’avait pas dit dans notre propre langage, qu’il veut être notre Dieu. Nous ne l’en remercierons jamais assez.
  3. Je confesse et reconnais toute l’étendue de mon péché et de mon ingratitude: durant toute ma vie, j’ai honteusement négligé ce bel enseignement et ce don si précieux. En servant de nombreuses idoles, j’ai lamentablement provoqué sa colère. Je me repens et demande grâce.
  4. Enfin, je prie en ces termes: « Seigneur mon Dieu, aide-moi, par ta grâce, à mieux comprendre ce commandement chaque jour. À vivre pleinement. Aide-moi à ne jamais oublier cela! Garde-moi d’être ingrat. Garde-moi de rechercher d’autres dieux et d’autres réconforts sur terre. Fais que je demeure seulement et simplement auprès de toi, mon seul Dieu. Amen, Seigneur bien-aimé, divin Père. Amen. »

Cette lettre de Martin Luther est souvent connue sous le titre Une manière simple de prier. À l’occasion des 500 ans de la Réforme, nous avons publié une version en français courant de ce classique sous le titre: Lettre à mon barbier. Les citations dans cet article sont issues des pages 35 à 37 de cette nouvelle édition.