« Toi, suis-moi ! » : invitation, sommation ou convocation ?

Bien traduire, c’est interpréter fidèlement. Aux Éditions BLF, nous sommes régulièrement confrontés à des situations délicates de traduction.

 

Nous avons récemment édité en français l’excellent ouvrage de David Platt, Follow Me (en français : Suis-moi). L’auteur y utilise à plusieurs reprises le terme « summon » pour décrire l’appel de Jésus.

 

Selon lui, beaucoup de gens se croient sauvés parce qu’ils ont récité un jour une petite prière pour « inviter Jésus dans son cœur » (Chap. 1). L’auteur veut rectifier le tir en nous rappelant que Jésus nous a, au contraire, « summoned » de perdre notre vie pour vivre de la sienne !

 

L’auteur a délibérément décidé de ne pas employer le verbe « to call » (appeler), mais plutôt « to summon », qui se traduit généralement par « convoquer, sommer », voire « assigner (en justice) ». C’est un terme fort qui va surprendre le lectorat anglophone.

 

Comment rester fidèles à l’intention de l’auteur qui décrit l’appel de Jésus non comme une invitation optionnelle, mais comme un commandement, un ordre de Jésus à mourir à soi-même pour vivre de sa vie ? Sans pour autant opter pour des termes tel que « sommation » ou « assignation », nous avons décidé de joindre l’adjectif « pressant » au terme « appel » pour rendre un peu plus ce sentiment d’obligation et d’engagement.

 

« The call to follow Jesus is not simply an invitation to pray a prayer; it’s a summons to lose our lives. » devient donc en français « l’appel de Jésus n’est pas une invitation à réciter une prière : c’est un appel pressant à perdre notre vie ».

 

C’est peut-être un détail pour certains, mais, aux Éditions BLF, nous prenons très au sérieux tous ces petits « détails » de traduction !

 

David Platt. Suis-moi. BLF Éditions. 2014. 232 pages. 14,90 €.

3 Comments

  • Annie STEFFEN

    28.02.2016 at 20:30 Répondre

    Bonjour à tous,

    J’ai eu le privilège de traduire David Platt à plusieurs reprises dans le cadre de son ministère « Secret Church »et je veux vous assurer qu’il n’est pas facile de respecter le texte, la vision de l’auteur… Connaître la Parole de Dieu, le contexte dans lequel les versets sont cités n’est pas une option. Le traducteur doit mettre de côté ses propres pré-supposés pour servir le texte. L’intégrité est de rigueur. Merci pour ce partage qui rend justice à une profession souvent « méprisée ».

  • Annie

    28.02.2016 at 11:10 Répondre

    Personnellement, ce sont les titres des livres étrangers (en anglais en l’occurrence) que je trouve très souvent mal traduits, comme si c’était bâclé alors que le titre d’un livre est très important, capital, pour capter l’intérêt du lecteur et lui donner un idée réelle, exacte, de ce que contient le livre. Pour moi, la traduction des titres est tout un art qui est très sous-estimé.

    • Frédéric Mondin

      28.02.2016 at 11:40 Répondre

      Vous avez tout à fait raison et nous prenons très au sérieux cette phase “capitale”, comme vous le dites très bien. Certains sont évidents, d’autres nécessitent jusqu’à plusieurs heures de réflexion individuelle et en groupe. Notre objectif est toujours de rechercher le titre qui correspondra à la fois à l’intention de l’auteur et à la culture de nos lecteurs, et incitera ceux-ci à en apprendre davantage. Nous vous en dirons un peu plus lors d’un prochain article…
      Au plaisir, Frédéric.

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