Extrait de Où est ta foi ? de Jon Bloom.
 

Josaphat et la peur

2 Chroniques 20 : 1-30

 

Les armées de Moab, d’Ammon et d’Édom s’étaient mises en mouvement. Destination : Jérusalem. Ils faisaient partie de la famille d’Israël puisque Moab et Ammon étaient des descendants de Lot et Édom d’Esaü. Mais il n’était pas en train de préparer une réunion de famille. C’était plutôt la préparation d’un massacre.

Ces trois nations entouraient Israël et Juda à l’est et au sud. Et depuis les règnes de David et de Salomon, ils avaient été soumis de manière intermittente aux rois d’Israël, leur payant des taxes et leur fournissant de la main d’œuvre.

 

Mais cela faisait plus de soixante ans que Salomon était mort, et Israël était maintenant divisée en deux royaumes. Ses forces étaient divisées. Et le royaume du nord était affaibli par sa guerre avec la Syrie. Le temps était venu. S’ils s’unissaient maintenant, ils pouvaient écraser les armées de Juda et piller les richesses du roi Josaphat. Après cela, peut-être s’attaqueraient-ils au royaume du nord.

 

Josaphat entendit parler de l’attaque imminente. Pas besoin d’être un génie pour comprendre. Son armée faisait figure de château de sable face à cette énorme vague. Le royaume de Juda allait être balayé, à moins qu’il ne reçoive une aide très puissante.

 

Essayez d’oublier quelques instants que vous connaissez la fin de cette histoire, qui honnêtement ressemble à un conte de fée. Qu’auriez-vous ressenti à la place de Josaphat ? Ce qui l’attendait c’était une mort violente pour lui, tous ceux qu’il aimait et des dizaines de milliers de ces concitoyens. Et tout le monde avait le regard fixé sur lui en attente d’une solution pour les sauver. Quelle pression !

 

Les options de Josaphat étaient plutôt limitées. Il aurait pu essayer de négocier une capitulation. Mais ses ennemis n’auraient probablement pas accepté. Et même s’ils avaient accepté, cela aurait tout de même signifié sa mort et la destruction de Juda.

 

Il aurait pu se dépêcher d’envoyer à la Syrie ou à l’Égypte argent, or et promesses de servitude. Mais il n’avait probablement pas assez de temps pour cela. Et puis, il se rappelait sans doute l’erreur de son père Asa, une erreur qui lui avait couté très cher. Quand il était un jeune roi, Asa avait supplié le Seigneur de le délivrer quand sa petite armée avait dû faire face à un million de soldats éthiopiens. Et Dieu lui avait envoyé une réponse miraculeuse (2 Chroniques 14). Mais des années plus tard, Asa avait abandonné cette confiance en Dieu et avait scellé une alliance avec la Syrie. Dieu l’avait sévèrement repris à cause de cela (2 Chroniques 16 : 1-10).

 

Mais Josaphat avait vraiment confiance dans le Seigneur et il croyait en ses promesses. Et ça c’était formidable ! Il croyait que Dieu était capable de secourir Juda. Il voulait honorer Dieu par sa confiance. Et dans cette situation, il n’avait pas énormément d’options, ce qui peut être parfois une véritable grâce.

 

Alors, Josaphat rassemble tout le peuple de Juda à Jérusalem pour un jeûne. Ils se retrouvent tous debout devant le temple, et devant le roi qui les dirige vers Dieu pour plaider leur cause et le prier : « Nous sommes sans force devant cette foule nombreuse qui vient nous attaquer et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi » (v. 12).

 

Une confession magnifique n’est-ce pas ? Comme celle d’un enfant plein d’humilité et de foi. Il s’agit, encore une fois, d’une belle illustration du message de l’évangile dans l’Ancien Testament. Nous sommes sans force pour nous sauver nous-même. Mais lorsque nous nous tournons vers Dieu pour nous délivrer du jugement imminent, il nous donne un salut qui dépasse de loin toute notre imagination.

 

C’est Dieu qui avait organisé cette situation difficile dans la vie de Josaphat. De la même manière, et pour les mêmes raisons, c’est Dieu qui permet épreuves et moments de crise dans nos vies : il veut que nous soyons de plus en plus libérés de la peur.

 

Être vraiment libre, ce n’est pas pouvoir faire tout ce que je veux, ou pouvoir vivre sans souffrance, sans détresse. Non. Être vraiment libre c’est vivre avec une telle confiance en Dieu que nous savons qu’il nous donne réellement toujours tout ce dont nous avons besoin. La personne qui croit cela est la personne la plus libre au monde : quelle que soit sa situation, elle n’a rien à craindre.

 

Mais pour les pécheurs que nous sommes, nous qui tendons constamment vers l’incrédulité, comment pourrions-nous vivre dans une telle liberté ? Un seul chemin. Nous avons besoin d’être constamment témoins de la délivrance de Dieu et de sa fidélité dans nos vies. C’est pourquoi nous devons considérer « comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles [nous pouvons] être exposés » (Jacques 1 : 2). Ces épreuves nous rendent libres.

 

Dieu a répondu de manière spectaculaire à la prière pleine de foi de Josaphat. Il a semé le désordre parmi les armées d’Ammon, de Moab et d’Édom au point où ils se sont tous entre-tués, jusqu’au dernier soldat. Josaphat et son armée, précédée par une chorale de chanteurs, n’ont même pas eu à lever la moindre épée ! Et il leur a fallu trois jours pour emporter chez eux tout le butin.

 

Au sein de toutes les crises de vos vies, Dieu vous parle au travers de cette histoire, et il vous rappelle : « N’ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer devant cette foule nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu » (2 Chroniques 20 : 15).

 

Extrait de Où est ta foi ? de Jon Bloom