Extrait de Où est ta foi ? de Jon Bloom (sortie prévue en octobre 2016).
 
Jacques Zébédée et la mort
Actes 12 : 1-2
 

Luc en parle très brièvement comme s’il parlait d’un fait divers : Hérode « fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean ».

 

Dans le flux du récit, cette petite phrase introduit la scène spectaculaire au cours de laquelle Pierre est libéré de prison par un ange. C’est donc la partie de l’histoire que nous retenons. Et quand Pierre écrit, quelques années plus tard, que « le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 Pierre 2 : 9), c’est exactement le genre de sauvetage qui nous vient immédiatement à l’esprit.

 

Mais la nuit où Jacques était en prison, l’ange n’est pas venu. Je suis certain qu’il a prié afin qu’un ange vienne le délivrer. Il savait que Dieu pouvait envoyer un ange s’il le voulait. Jacques, et tous les autres disciples, avaient déjà été délivré par un ange il y avait quelques jours de cela (Actes 5 : 17-21).

 

Mais cette nuit-là, pas de vive lumière, pas de chaines qui tombent toutes seules, ou de gardes profondément endormis. Non. Rien qu’une nuit de prières désespérées et un sommeil perturbé… si sommeil il y a eu.

 

Au petit matin, Jacques était toujours dans sa cellule lorsque la voix tant redoutée du capitaine de la garde cria : « Amenez le prisonnier ! ». Les quelques pas qui le menaient au lieu d’exécution furent remplis d’intenses prières. Il fut rapidement déclaré coupable. Peut-être lui a-t-on proposé de le gracier s’il se rétractait, ce qu’il a refusé de faire. Puis l’épée s’est élevée dans les airs. Pas de voix céleste pour arrêter la main du bourreau, comme avec Abraham sur la montagne (Genèse 22 : 11-12). L’angoisse de l’attente. Et l’épée est tombée. Pas de délivrance.

Vraiment pas ?

 

Dieu a permis à cette épée de s’abattre sur Jacques tout aussi intentionnellement qu’il a ouvert les portes de la prison pour Pierre. Nous devons donc nous souvenir de la mort de Jacques autant que de la délivrance de Pierre.

 

Pourquoi Dieu a-t-il laissé mourir Jacques ?
 

Cette question est importante car, la plupart d’entre nous, à un moment ou un autre, allons nous trouver face à la mort, implorant Dieu de nous accorder la délivrance, sans recevoir ce que nous pensions avoir demandé. Et cela nous met face à une leçon difficile que tous les disciples de Jésus doivent apprendre : Jésus a souvent des priorités différentes des nôtres. Ce qui peut nous sembler d’une urgence absolue ne l’est pas forcément à ses yeux, du moins pas de la même manière.

 

Vous vous rappelez comment Jésus dormait dans la barque pendant la tempête ? Les disciples qui avaient peur de couler paniquaient et l’ont interpellé : « Maître, nous sommes perdus, et tu ne t’en soucies pas ? » (Marc 4 : 38 – Semeur). Il a calmé la tempête puis leur a répondu : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas de foi ? » (v. 40). L’enseignement de Jésus était clair : votre peur est mal dirigée. Ne craignez pas ce qui peut tuer votre corps. Vous devriez plutôt me craindre, moi, et me faire confiance, car je domine sur les tempêtes et sur la mort (Matthieu 10 : 28). Jésus savait que se préparaient des tempêtes bien plus dangereuses qui s’abattraient un jour sur ses disciples, des tempêtes qui les tueraient effectivement. Ils devaient apprendre qui craindre.

 

Nous aussi. À moins que Jésus ne revienne avant cela, chacun de nous devra, tôt ou tard, faire face à une tempête qui le tuera. Et notre première réaction sera peut-être semblable à celle des disciples dans la barque : Jésus, je suis en train de mourir et tu ne t’en soucies pas ? Mais c’est à ce moment-là que nous devrons nous rappeler qu’il se soucie tendrement de nous. Celui qui a pleuré sur la tombe de Lazare pleurera aussi avec nous… et il nous ramènera à la vie. Nous devrons nous rappeler qu’il est passé lui-même par la mort, et il restera à nos côtés tout au long de ce chemin, il nous aidera à dire au Père comme lui-même l’a fait : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26 : 39).

 

Nous devons aussi nous rappeler de Jacques, qui face à la mort, n’a pas « accepté de délivrance afin d’obtenir une meilleure résurrection » (Hébreux 11 : 35). Voilà la clé qui permet de comprendre Actes 12 : 2 : Jésus a laissé Jacques mourir parce qu’il avait une vie meilleure à lui offrir.

 

Jésus n’avait pas oublié Jacques. En réalité, il fut le premier des douze disciples à connaitre ce pour quoi Jésus avait prié en Jean 17 : 24 : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi afin qu’ils contemplent ma gloire, la gloire que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la création du monde ». Certes, la délivrance de Pierre de prison a été remarquable. Mais il allait tout de même un jour devoir lui aussi mourir à son tour. Jacques, lui, a fait l’expérience de la vraie délivrance : la mort a été engloutie (1 Corinthiens 15 : 54) par la Résurrection et la Vie (Jean 11 : 25).

 

Et c’est ce que Jésus désire ardemment nous donner à nous aussi. C’est ce qu’il a prévu nous offrir. C’est pour cela qu’il a subi la colère du Père à la croix. Il veut que nous contemplions et que nous nous réjouissions de sa gloire à jamais.

 

Il viendra un temps où la prière de Jésus, dans laquelle il demandait au Père que nous soyons auprès de lui, l’emportera sur notre prière de prolonger notre vie sur terre. Et ce jour-là, nous connaitrons une vie tellement meilleure, plus riche, plus pleine, plus pure, plus joyeuse que nous nous demanderons pourquoi nous avons un jour supplié Dieu de rester plus longtemps.

 

Que Dieu augmente en nous « le désir de [nous] en aller et d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur » (Philippiens 1 : 23).

 

Extrait de Où est ta foi ? de Jon Bloom (sortie prévue en octobre 2016).