J’ai lutté pendant toute la rédaction de ce livre

Cet article est un extrait du livre Lettres à l’Église de Francis Chan.

 
 

J’ai lutté pendant toute la rédaction de ce livre. S’il tombe entre de mauvaises mains, il nuira à l’Église au lieu de l’aider. Il est difficile d’aborder franchement les problèmes de l’Église : des gens sont constamment à l’affût de quelque chose à critiquer. Au lieu d’utiliser ce livre pour une évaluation objective de la situation, ils vont s’en servir comme d’une arme et attaquer les autres. L’orgueil est endémique dans l’Église, et la connaissance peut, hélas, servir à l’augmenter (1 Corinthiens 8 : 1). J’imagine déjà des arrogants se rendre chez leur pasteur, cet ouvrage à la main, pour leur reprocher tous les manquements de leur Église : « Lisez ce livre de Francis Chan ! Il est d’accord avec moi : il faut que notre assemblée change ! ». C’est la dernière chose dont l’Église a besoin. 
 

Beaucoup d’entre vous sont très impatients de voir des réformes se mettre en place. Vous avez envie de voir l’Église s’épanouir. Vous voulez que Dieu se serve de vous pour opérer des changements. Mais ce ne sera pas le cas pour certains d’entre vous. Vous échouerez lamentablement pour une raison : vous manquez d’humilité. Dieu a même promis de contrecarrer vos efforts. Au lieu d’être l’instrument de Dieu pour communiquer la vie à l’Église, vous serez l’instrument de l’ennemi pour la détruire :
 
Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles.
Jacques 4 : 6

 

J’ai senti que je devais m’adresser, dans ces dernières pages, aux personnes arrogantes. Je sais que c’est rarement efficace. Pas facile de convaincre un orgueilleux qu’il est pétri d’orgueil ! Peut-être en êtes-vous un vous-même. Et vous ne vous en rendez pas compte, justement parce que vous en êtes un ! Vous lisez ce paragraphe et vous en approuvez le contenu par des hochements de tête, comme si je parlais de quelqu’un d’autre. C’est plutôt désespérant pour moi. J’ai donc décidé d’aborder les choses autrement. Au lieu d’essayer de convaincre les orgueilleux, il vaut mieux que j’encourage ceux qui doivent vivre avec eux. Nous pourrions intituler ce texte « Guide du leader pour aimer l’arrogant » !
 

Les critiques m’ont parfois tellement mis en colère ! Elles m’ont aussi profondément découragé. Aucune de ces réactions ne fait avancer l’Église. Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que je rencontre des pasteurs prêts à démissionner à cause d’un déluge de critiques. L’Église ne peut pas se permettre de perdre davantage de serviteurs. Si vous êtes sur le point de démissionner, je vous encourage non seulement à persévérer, mais aussi à vous épanouir dans un service auprès des orgueilleux. Si vous avez déjà mis un terme à votre ministère, reprenez-le ! Vous avez peut-être renoncé à votre vocation pour ne plus avoir à affronter les attaques. Il est beaucoup plus facile de vous barricader chez vous et de commencer un blog ou un podcast pour critiquer les autres. Soyez quelqu’un qui édifie ! Il est plus facile de démolir un édifice que d’en bâtir un. Construire est épuisant, mais l’Église en vaut la peine. Elle n’a pas assez de leaders prêts à accepter les critiques et les reproches. Apprenons à être humbles et à encaisser les coups avec grâce : nos meilleurs jours sont peut-être devant nous.
 

De toutes les institutions, Dieu veut que l’Église soit celle qui aime l’autorité. Il veut que nous soyons des gens différents, un peu étranges. Des gens heureux d’avoir un Roi et reconnaissants pour ses commandements. Il veut que nous considérions nos responsables comme des dons qu’il a faits à l’Église :
 

C’est lui [Dieu] qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour « former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ.
Éphésiens 4 : 11-12

 
Dieu « a donné » ces leaders à l’Église pour la conduire à la maturité. Quand avez-vous pour la dernière fois entendu quelqu’un les considérer comme des dons ?
 

Ça m’a fait tout bizarre d’entendre récemment une personne de l’Église dire : « J’apprécie d’être sous le leadership des anciens ». Tiens, quelqu’un de reconnaissant pour l’autorité ! J’étais content, mais surpris. Il est rare dans notre monde d’entendre des personnes valoriser l’autorité, mais cela nous donne l’occasion de nous démarquer.
 

Après tout, nous suivons un Roi qui n’a pas eu son pareil dans toute l’histoire. Jésus est un Roi qui s’est volontairement soumis à son Père. Il a déclaré ne dire et ne faire que ce que son Père lui demandait de dire et de faire.
 

Jésus reprit donc la parole et leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, sinon ce qu’il voit le Père accomplir. Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement ».
Jean 5 : 19

 

En effet, je n’ai pas parlé de ma propre initiative, mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer, et je sais que son commandement est la vie éternelle. C’est pourquoi ce que j’annonce, je l’annonce comme le Père me l’a dit.
Jean 12 : 49-50

 

Notre culture assimile souvent ce type de soumission à de la faiblesse, à quelque chose de dévalorisant. C’est pourtant l’exemple que donne le Jésus tout-puissant. Il s’est soumis au leadership de son Père et n’avait pour lui que des paroles de louange. C’est inhabituel, mais c’est pour nous l’exemple à suivre. Le Christ a été un humble leader et un humble disciple. Et son humilité n’était pas de la faiblesse. L’Église deviendrait tellement attrayante si l’humilité de Jésus se voyait en chacun de ses membres ! 

 

 


Cet article est un extrait du livre Lettres à l’Église de Francis Chan.
 

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