Cet article est extrait du livre Jeûner de John Piper.

 
 

Par le jeûne, nous exprimons physiquement ce que notre cœur désire: le retour de Jésus. En Matthieu 9:15, Jésus se présente comme l’époux de l’Église. Il a expliqué que ses disciples ne jeûnaient pas parce que le Marié était avec eux. Ensuite, il a dit: «Les jours viendront où le marié leur sera enlevé, et alors ils jeûneront ». Jésus relie donc le jeûne chrétien à notre désir que le Marié revienne. Une des significations importantes du jeûne chrétien est donc d’exprimer la faim de nos cœurs : nous désirons le retour de notre Roi.

 

Le repas du Seigneur est tourné vers le passé alors que le jeûne est, au contraire, tourné vers l’avenir. Jésus a dit : « Faites ceci en souvenir de moi» (Luc 22:19). Quand nous prenons ce repas, nous nous souvenons du passé et nous affirmons : Jésus est venu. Il est mort pour nos péchés. Il est ressuscité des morts. Nous ne sommes plus coupables. Notre péché est pardonné. Notre condamnation, notre châtiment, sont tombés sur Christ. Nous sommes définitivement acquittés. Notre réconciliation avec Dieu est une réalité. Nous ne sommes plus esclaves du péché. Notre ennemi a été anéanti. L’aiguillon de la mort n’existe plus. Nous avons échappé à une destinée en enfer. La vie éternelle nous est donnée. Le Seigneur est venu! Savourons ces merveilleuses réalités et réjouissons-nous! La mort et la résurrection de Christ témoignent de la grâce de Dieu. Que nos âmes soient enracinées, ancrées dans cette grâce !
 

C’est ce que nous affirmons quand nous prenons le repas du Seigneur. Mais lorsque nous renonçons à manger, quand nous jeûnons, nous tournons nos yeux vers l’avenir, le cœur douloureux, et nous disons : « Oui, il est venu. Oui, ce qu’il a fait pour nous est glorieux. Nous pouvons sentir sa présence. Mais ce que nous avons vu et goûté nous fait aussi ressentir d’autant plus vivement son absence. Le Marié est parti. Il n’est plus ici. Il était là, et il nous a aimés jusqu’à l’extrême. Nous pouvons manger, et même nous réjouir autour d’un festin, car il est venu. Mais nous savons aussi qu’il n’est plus avec nous comme il l’a été par le passé ». Comme Paul l’a dit, « tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes loin de notre patrie, loin du Seigneur » (2 Corinthiens 5 : 6). Et cette absence est douloureuse. Le péché et la misère de ce monde sont douloureux. Le peuple de Christ est faible et méprisé, comme des agneaux au milieu des loups (Matthieu 10:16). Nous aspirons à son retour. Nous voulons qu’il monte sur le trône, et qu’il règne parmi nous pour défendre son peuple, sa vérité, et sa gloire.
 

Je ne prétends pas que le Seigneur a institué le jeûne de façon aussi formelle que le repas du Seigneur, et il ne lui a pas donné le même sens. Il n’a jamais dit, au sujet du jeûne : « Faites ceci jusqu’à mon retour ». Cependant, il a dit : « Les jours viendront où le marié leur sera enlevé, et alors ils jeûneront ». Ce n’est ni un commandement, ni une ordonnance officielle. Mais c’est une prédiction. C’est ce que feront naturellement tous ceux qui aiment le Marié et qui sont impatients de le revoir.

 

 


Cet article est un extrait du livre Jeûner de John Piper.
Nourrir notre faim de Dieu par le jeûne et la prière