Extrait de Où est ta foi ? (Jon Bloom). Date de sortie prévue : octobre 2016.

 

Zachée et l’idolâtrie, basé sur Luc 19 : 1-10 
 
Zachée le collecteur d’impôts s’était converti, et il avait promis de rendre le quadruple à tous ceux qu’il avait escroqués. Imaginez le genre de conversation que vous auriez pu entendre lors de la restitution de cet argent.

 

— Papa, il y a un homme à la porte ! Il dit qu’il s’appelle Zachée.

— Zachée ?!

 
Le visage de Juda se raidit soudainement sous le coup de la colère :

— Qu’est-ce qu’il me veut encore ?
 
Et, dans sa barbe, il marmonna :

— Cette sale vermine !
 
Sa plus jeune fille n’avait pas besoin d’entendre cela…

— Je sais pas.

 

Juda passa rapidement devant sa fille, les mâchoires serrées. Si ce fourbe de Zachée essaye seulement de me soutirer un centime de plus, je te jure… La violence commençait à s’emparer de son esprit.
 
Lorsqu’il aperçut Zachée, il explosa :

— QU’EST-CE QUE TU VEUX ENCORE ?

 
Zachée fut un peu déstabilisé face à cette attaque frontale :

— Euh… Je suis là pour te rendre quelque chose.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?
 
Le ton de sa voix signifiait plutôt : dégage de là !
 
Zachée lui tendit une petite bourse en cuir. Juda était à la fois confus et très méfiant. Cet homme avait escroqué la moitié des habitants de Jéricho en tant que collecteur de taxes pour Tibère. Personne n’était plus sournois et manipulateur que lui. Craignant qu’il ne s’agisse que d’un piège, Juda ne bougea pas :

— Qu’est-ce que tu es encore en train de manigancer Zachée ?
 
Le cynisme sifflait entre les dents de Juda.

— Je suis en train de démolir mon idole.
 
Le regard noir de Juda se transforma en un étonnement glacial :

— De quoi est-ce que tu parles ?

— Juda, je sais combien cela peut paraitre étrange. Et tu as toutes les raisons au monde de ne pas me faire confiance. Je suis ici parce que je t’ai extorqué de l’argent. Je t’ai fait payer plus que ce que Rome demandait et j’ai gardé le reste pour ma petite personne égoïste. Je sais que toi et tous les autres vous savez cela. Mais aujourd’hui je viens pour te demander pardon d’avoir péché contre toi, mais aussi pour réparer mon tort. C’est ce qu’il y a dans ce sac.

 

Zachée tendit à nouveau la bourse. Cette fois-ci Juda la prit avec une certaine hésitation. Il l’ouvrit et regarda ce qu’elle contenait :

— Il y a beaucoup d’argent là-dedans. Bien plus que ce que tu m’as pris en trop.

— Oui. C’est quatre fois ce que je t’ai pris en trop. Tu sais, j’ai tout noté dans mes archives.
 
Zachée affichait un large sourire.

— Pourquoi tu me donnerais quatre fois ce que tu me dois ?
 
La méfiance de Juda ne s’était pas complètement dissipée.

— C’est pour accomplir un vœu. J’ai promis à Jésus de rembourser au quadruple tous ceux que j’ai escroqués.

— Tu parles de Rabbi Jésus ? Tu le connais ?

— Maintenant, oui. Il est en ville comme tu le sais. L’autre jour je voulais essayer de l’apercevoir. Mais comme je suis, euh…un peu petit, je me suis dit que la seule manière de le voir serait du haut d’un arbre ! Et aussi incroyable que ça puisse paraître, quand il est passé, Jésus s’est arrêté sous mon sycomore, il a levé les yeux vers moi et m’a lancé : « Zachée, dépêche-toi de descendre, car il faut que je m’arrête aujourd’hui chez toi. »

 
Juda lui lança un regard surpris. Zachée continua :

— Oui, je sais, je sais ! J’étais aussi étonné que tous les autres ! Mais comment connaissait-il mon nom ? En tout cas, Jésus et ses disciples sont venus chez moi et en quelques minutes tout mon univers s’est écroulé, puis il a été reconstruit.

— Écroulé puis reconstruit ?

— Il faut que tu comprennes, Juda. Quand j’étais petit, j’ai toujours été fasciné de voir tout ce qu’on pouvait faire avec l’argent. Il semblait ouvrir toutes les portes vers le pouvoir et le plaisir. Alors je me suis juré que, d’une manière ou d’une autre, un jour, je serai riche. Et j’ai tenu ma promesse. À l’époque, je ne me rendais absolument pas compte à quel point la richesse vous laisse vide. Mais jusqu’à ma rencontre avec Jésus il y a deux jours, je me disais encore que c’était quand même mieux que d’être pauvre.

Mais assis chez moi, au milieu de Jésus et de ses disciples, eux qui n’ont rien –rien si ce n’est Dieu – Juda, je n’ai jamais vu des gens aussi heureux de toute ma vie ! Et quand Jésus parlait, c’était comme si ses mots explosaient de vie. Mon cœur brulait d’envie de recevoir Dieu, comme jamais auparavant ! J’avais tellement honte de me rendre compte que j’avais remplacé Dieu par l’argent.

Et brusquement, ça m’a explosé à la figure… Mais… Je ne suis pas riche… Je suis pauvre! Eux, ils avaient Dieu ; moi, j’avais une idole morte : mon argent. Eux ils étaient riches ; moi je n’étais qu’un triste mendiant. Ils étaient libres. Pour moi, les seules portes que l’argent ne m’avait jamais ouvertes m’avaient toujours conduit aux sombres cachots de la solitude. Brusquement, tout mon univers s’était écroulé.

Et Jésus était assis là, me regardant comme s’il pouvait lire en moi comme dans un parchemin ouvert. Tout en moi ne désirait rien d’autre que de le suivre. Je voulais recevoir le pardon et le salut dont il parlait constamment. Pour la première fois de ma vie, je désirais Dieu plus que…. n’importe quoi ! D’un seul coup, la vie semblait prendre tout son sens. Et brusquement j’étais là, debout devant tout le monde, promettant solennellement que… eh bien, que j’allais démolir mon idole.

— Que tu allais donner ton argent.

— Oui. Mais en fait, cet argent… c’était en partie ton argent.
 
Cette fois-ci Juda sourit timidement.

 

Un peu plus tard ce jour-là, la femme de Juda le trouva les yeux fixés sur une petite bourse en cuir posée sur la table.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Un crédit d’impôts.

— Un quoi ?

— Je pense qu’on devrait aller écouter ce Rabbi Jésus.

— Rabbi Jésus ? Mais pour quoi faire ?

— Je crois qu’on est bien pauvre.

 

* * * *

 

Certaines de nos idoles ont besoin d’être démolies pour que nous puissions en être libérés. Jésus les connaît bien et il sait comment nous aider à les voir. Et parfois, nous avons l’impression que notre univers s’écroule lorsque nous perdons nos idoles.

 

Mais ce n’est pas grave. Jésus a dit : « En effet, celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la retrouvera. Que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? » (Matthieu 16 :25-26). Et comme le disait Jim Elliot : « Il n’est pas fou celui qui donne ce qu’il ne peut garder pour gagner ce qu’il ne peut pas perdre». Il y a des pertes qui se révèlent être de merveilleux gains.

 

« Gardez-vous avec soin de toute soif de posséder, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est dans l’abondance » (Luc 12 :15).

 

Extrait de Où est ta foi ? (Jon Bloom).
Date de sortie prévue : octobre 2016.