D’où vient notre foi ?

Les protestants ont fêté en 2017 les 500 ans de la Réforme. BLF Éditions prolonge les festivités en vous proposant de renouer avec une pratique chère aux Réformateurs : le catéchisme. L’enseignement des catéchismes visait autrefois à affermir la foi des fidèles, tant les adultes que les enfants. Les doctrines fondamentales étaient assimilées, les hérésies démasquées et les communautés chrétiennes vivifiées.
 

L’extrait qui suit est tiré du Nouveau Catéchisme pour la cité. Cet ouvrage vous donne un aperçu des richesses et des connaissances que l’on peut trouver dans les grands catéchismes de l’époque. Il se compose de 52 questions et réponses. Le verset biblique, les commentaires et la prière associés à chaque question peuvent être utilisés dans le cadre d’un culte personnel, en famille ou en groupe d’étude.
 

Question 35 : Puisque nous sommes rachetés par grâce, au moyen de la foi seule, d’où nous vient cette foi ?

 

Réponse : Tous les dons que nous recevons de Christ, nous les recevons par le Saint-Esprit, y compris la foi.

 

Tite 3 : 4-6

 
Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été révélés, il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur.
 
 

Commentaire

 
FRANCIS SCHAEFFER (1912 – 1984)
 
Nous devons prendre conscience que le christianisme est la religion la plus facile au monde. C’est en effet la seule religion dans laquelle Dieu le Père, le Christ et le Saint-Esprit font tout eux-mêmes. Dieu est le Créateur et nous n’y sommes pour rien dans le fait que nous existons ou que d’autres choses existent aussi. Nous pouvons donner forme à certaines choses, mais nous ne pouvons changer le fait même de l’existence. Nous ne contribuons en rien à notre salut parce que le Christ a tout accompli. Nous n’avons rien à faire. Dans toutes les autres religions, il faut toujours réaliser quelque chose… mais dans le christianisme, nous n’avons rien à faire. Dieu a tout fait : il nous a créés et il a envoyé son Fils ; son Fils est mort, et parce que le Fils est infini, il prend sur lui la totalité de notre culpabilité. Nous n’avons pas besoin de porter le poids de notre culpabilité, ni même d’essayer de gagner les mérites du Christ. Il accomplit tout. Ainsi, dans un sens, c’est la religion la plus facile au monde.

 
SYLVAIN ROMEROWSKI
 
Bien des courants de pensée jugent l’être humain naturellement bon et espèrent une amélioration de l’humanité par une évolution positive au fil de l’Histoire. La Bible ne nourrit aucune illusion à cet égard. Il n’y a en fait pas de conception plus pessimiste de l’être humain que la sienne. Selon son enseignement, depuis l’entrée du péché dans le monde, non seulement l’être humain est pécheur et mérite la condamnation sans pouvoir y remédier par lui-même, mais le péché affecte aussi son être à tel point qu’il est incapable de se tourner vers Dieu avec foi pour recevoir le salut que Dieu lui offre comme un cadeau.
 
Ainsi, Jérémie affirme que le coeur humain est tortueux, imprégné par le péché et incurable (Jérémie 17 : 1, 9). Pas plus qu’un léopard ne peut changer les taches de son pelage, l’homme ne peut changer radicalement de direction en se détournant du mal pour faire le bien (Jérémie 13 : 23). Jésus, de son côté, a déclaré : « Personne ne peut venir à moi [pour être sauvé] si le Père ne l’attire » (Jean 6 : 44). Et Paul écrivait que l’homme livré à lui-même – autrement dit l’homme qui n’a pas été renouvelé par le Saint-Esprit – n’est que haine de Dieu dans toutes ses tendances et incapable de plaire à Dieu (Romains 8 : 7-8). Or la foi est certainement la première disposition à adopter pour plaire à Dieu, mais le pécheur en est incapable par lui-même. En fait, l’homme sans Dieu est incapable de recevoir ce qui vient de l’Esprit de Dieu, et en particulier l’Évangile que les apôtres ont prêché sous l’inspiration de l’Esprit (1 Corinthiens 2 : 12-14).
 
L’être humain pécheur a donc besoin, pour se tourner vers Dieu, de recevoir l’Évangile avec foi et d’être ainsi au bénéfice du salut, et que le Saint-Esprit transforme ses dispositions intérieures profondes. C’est pourquoi Paul envisage que les contradicteurs soient amenés par Dieu à changer d’attitude pour connaître la vérité (2 Timothée 2 : 25). Lorsque nous nous tournons vers Dieu avec foi pour recevoir sa grâce, c’est parce qu’il a lui-même agi en nous pour produire le vouloir et le faire (Philippiens 2 : 12-13). Il est important de souligner que cela ne signifie pas que Dieu voudrait et ferait à notre place : lui nous fait vouloir et faire, mais c’est nous qui voulons et faisons. Il nous incombe bien d’exercer notre responsabilité en nous tournant vers Dieu avec foi. Mais ayant exercé ainsi notre responsabilité et regardant en arrière, nous devrons reconnaître que, si nous l’avons fait, c’est parce que Dieu nous a fait la grâce d’œuvrer en nous.
 
Pour nous amener à mettre notre confiance en lui, Dieu peut utiliser divers moyens : il fait naître les uns dans une famille chrétienne, il suscite en certains le désir de le connaître, il place sur la route de certains des chrétiens qui leur communiquent l’Évangile, il se sert de la lecture de la Bible, de l’enseignement de l’Église… Mais au-delà de ces moyens, il doit aussi produire les dispositions nécessaires à l’éclosion de la foi.
 
Ainsi, si j’ai mis ma confiance en Dieu pour recevoir le salut, ce n’est pas parce que j’étais par nature mieux disposé que mes voisins non chrétiens. Mais c’est parce que Dieu l’a voulu pour moi et a agi en moi. La grâce de Dieu n’en paraît que plus extraordinaire : pourquoi Dieu l’a-t-il voulu pour moi alors que j’étais incapable de le vouloir ? Cela doit nous conduire à l’humilité et à la reconnaissance envers Dieu.
 
Il y a là en outre une source d’encouragement. Paul affirme que Dieu, qui a commencé en nous son œuvre, ne la laissera pas en plan mais la portera à son achèvement jusqu’au jour du retour de Christ (Philippiens 1 : 6). C’est là une formidable motivation à persévérer dans la foi, sachant que nous dépendons totalement de Dieu qui est fidèle.
 
 

Prière

 
Saint-Esprit, tu nous as cherchés alors que nous ne pouvions pas te chercher puisque nous étions morts dans nos fautes et notre péché. C’est toi qui nous as fait don de la foi ; aucun de nous ne pourrait croire sans ta grâce qui nous régénère. C’est par elle que tu transformes nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Délivre-nous de tout orgueil à la lumière de ta grâce imméritée. Amen.
 

 
Cet article est est un extrait livre Nouveau catéchisme pour la cité.
 
Pendant des siècles, l’Église a utilisé des catéchismes pour enseigner la doctrine. Dans notre société où les croyances sont constamment en train de se redéfinir, apprendre ensemble les vérités bibliques sous forme de questions et de réponses est devenu d’autant plus urgent et pertinent.
 
Le Nouveau catéchisme pour la cité veut remettre cette pratique ancienne au cœur de la vie d’Église. Ce texte est une adaptation des catéchismes de Genève, de Westminster, et surtout de Heidelberg. Cette ressource centrée sur l’Évangile résume en 52 questions et réponses les principales doctrines chrétiennes tout en aidant le lecteur à être transformé par ces vérités.
 
Chaque question est suivie de la réponse, d’un texte biblique approprié, d’un commentaire d’une figure historique (Augustin, Jean Calvin, Martin Luther…), d’un commentaire contemporain (Henri Blocher, John Piper, Tim Keller, Kevin DeYoung…) et d’une courte prière.
Le Nouveau catéchisme pour la cité peut être utilisé dans une grande diversité de contextes pour encourager les croyants à méditer et s’attacher aux vérités qui font l’essence de la foi chrétienne.
 
En savoir plus sur le livre.

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