Martin Luther (1483–1546)

 

Wittenberg, octobre 1517. Martin Luther cloue sur la porte de son église ses quatre-vingt-quinze thèses. Le moine allemand vient d’exposer publiquement son désaccord avec l’Église catholique romaine. Huit ans plus tard, il se marie avec une religieuse qui a fui les ordres. De nos jours, nous ne parlons pas souvent de ce mariage, mais à l’époque, il était presque autant révolutionnaire que l’affichage des quatre-vingt-quinze thèses.
Le mariage de Luther avec Katharina von Bora (1499–1552) montre à quel point la Réforme protestante avait ébranlé tout un modèle de société. Ce mariage donne aussi à la chrétienté une chose qu’elle n’avait pas vue depuis des siècles : un grand leader qui est aussi mari et père.

 

Le mariage selon le monde

 

Pour ne pas agir à l’aveuglette, mais d’une manière chrétienne, retenez tout d’abord ceci : l’homme et la femme sont l’oeuvre de Dieu. Resserrez la bride de votre coeur et de vos lèvres : ne remettez pas en cause son travail divin. Ne qualifiez pas de « mal » ce qu’il a lui-même appelé « très bon ». Il sait bien mieux que vous-même ce qui est bon et bénéfique pour vous, comme il le dit en Genèse [2 : 18] : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis ». Vous voyez bien que pour Dieu, avoir une épouse est une bonne chose, une aide. Si vous en jugez autrement, vous en portez seul la faute, car vous ne comprenez ni ne croyez la Parole et l’oeuvre de Dieu. Pensez-y, cette simple affirmation de Dieu devrait faire taire tous ceux qui critiquent et condamnent le mariage.

Les jeunes hommes devraient donc faire bien attention lorsqu’ils lisent des livres païens sur le mariage. Ou lorsqu’ils entendent les reproches habituels qu’on lui adresse, car ils courent le risque d’en absorber le poison. En effet, le mariage ne fait pas bon ménage avec le diable : il est le fruit de la bienveillance et de l’oeuvre de Dieu. Voilà pourquoi le diable a tout fait pour provoquer toutes sortes de critiques dans le monde contre l’institution du mariage. Il veut effrayer les hommes afin qu’ils fuient cette vie qui honore Dieu et qu’ils s’emprisonnent dans le guêpier de l’immoralité sexuelle et des péchés inavouables. Même Salomon […] semble riposter contre de tels blasphémateurs quand il écrit : « Celui qui trouve une femme a trouvé le bonheur ; c’est une faveur qu’il a reçue de l’Éternel » (Proverbes 18 : 22). De quel « bonheur » parle-t-il ? Quelle est cette « faveur » ? Examinons la chose de plus près. Les gens du monde disent du mariage : « Un instant de joie, mais toute une vie de regrets ». Qu’ils racontent ce qui leur chante ; quoi que Dieu veuille ou fasse, ils trouveront toujours le moyen de le tourner en ridicule. […] L’institution du mariage représente bien plus que le simple fait d’être marié […] Ceux qui entrent dans le cadre de cette institution du mariage sont ceux qui croient fermement que Dieu lui-même l’a institué, qu’il a réuni le mari et son épouse, et leur a ordonné d’engendrer des enfants et d’en prendre soin. Ils le tiennent de la parole de Dieu. Et comme ils savent très bien que Dieu ne ment pas, ils ont cette conviction que cette institution du mariage et tout ce qui lui est lié – notre manière de vivre, nos actions, notre souffrance – tout cela est agréable à Dieu.

 

Martin Luther
De la vie conjugale. In Martin Luther, OEuvres. Vol. 3.
Genève : Labor et Fides, 1964. Trad. révisée.

 

Réflexion

 

Celui qui trouve une femme a trouvé le bonheur ; c’est une faveur qu’il a reçue de l’Éternel.
Proverbes 18 : 22

 

Quel petit film se joue dans votre tête, tout au long de la journée, lorsque vous pensez à votre conjoint ? Est-ce du style : « Oh non, pas encore ! ». Marmonnez-vous votre frustration en raccrochant le téléphone juste après lui avoir parlé ? Pensez-vous ou dites-vous : « Je ne peux pas croire que mon mari (ou ma femme) soit si _________________ [ici vos propres mots] » ?
Si vous estimez que votre conjoint est difficile à supporter, vous finirez par vous irriter contre lui. Votre vie de couple ne sera que conflits, désillusions et chagrin.
La description de Luther est très réaliste : la vie conjugale est faite de sacrifice et de souffrance. Mais elle accomplit aussi le plan mystérieux de Dieu : elle fournit au monde, sous la forme d’un feuilleton quotidien, une image de la relation entre Christ et l’Église (Éphésiens 5 : 21-33).
Cette semaine, prenez conscience du petit film qui se joue dans votre tête lorsque vous songez à votre conjoint. Si vos pensées ou vos paroles ne reflètent pas la vérité ou n’honorent pas Dieu, demandez-lui de vous pardonner. Fixez les yeux sur le Christ : il vous a tous les deux rendus dignes par sa vie parfaite et son sacrifice. Mémorisez un des versets suivants et prononcez-le lorsque votre esprit commence à glisser dans le piège de la critique : Genèse 2 : 18 ou Proverbes 18 : 22.

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